Conférences

Vous trouverez ci-après quelques conférences du colloque qu’il vous est possible de télécharger dans leur intégralité.

Interculturalité et engagement pour la paix, par Antoinette Montaigne

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(…) Je vous proposerai d’essayer de traiter ce sujet en deux temps avant de conclure. Une conclusion ouverte, car l’histoire est en marche, et rien n’est consolidé à ce jour.

Dans un premier temps, je m’interrogerai de savoir si la laïcité n’était pas en réalité une consécration de l’interculturalité religieuse dans sa diversité plurielle, garantie par la neutralité de l’Etat. Je crois qu’ici, je peux prendre le risque de me tromper, car entourée de grands philosophes que vous êtes, je ne risque pas de me précipiter seule dans le vide, sans filet. Vous me rattraperez et j’apprendrai plus encore avec vous tous ici.

Dans un deuxième temps, j’essayerai de montrer le rapport entre Interculturalité, laïcité et engagement pour la paix en République Centrafricaine. Un cas à connaitre, qui pourrait probablement intéresser ceux des pays qui peuvent se trouver demain dans des configurations similaires.

Ma conclusion sera certainement une note d’espoir pour ce pays qu’est la République Centrafricaine et pour tous ceux en Afrique Centrale, Australe, de l’Ouest ou du Nord… et d’autres champs de conflits à travers le monde qui jettent chaque jour, sur le chemin périlleux de l’exil, des millions de familles pour lesquelles j’ai toujours une pensée émue.

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Laïcité, interculturalite et intelligence de l’autre, par Michel Sauquet

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En matière d’interculturel, il est intéressant de faire de temps en temps un détour par les langues. D’abord parce que l’architecture des langues (maternelles) peut nous dire beaucoup des manières de penser de ceux qui les parlent ; mais aussi parce que les mots eux-mêmes – chaque mot – est le reflet d’une réalité ou d’une conception de la vie.

Ainsi le mot laïcité est-il loin d’exister dans toutes les langues. Il est facile à traduire en grec, en espagnol, en italien (laicità) ou même en grec (λαϊκισμός), mais il est intraduisible dans de très nombreuses autres langues, ou plutôt traduit d’une façon qui n’a que peu à voir avec le sens du « laïcité » français. On va trouver le plus souvent « sécularisme », ce que précisément la laïcité n’est pas : en anglais (secularism), en allemand (Säkularismus), mais aussi en russe, dans les langues scandinaves, en portugais, en roumain, en tchèque en amharique, en haoussa, en indonésien…

Le problème, c’est que beaucoup de Français diront : où est le problème ? « La laïcité, c’est bien se débarrasser des religions, en finir avec les curés, les rabbins et les imams, ne pas parler de cela à l’école, surtout pas. Oui, laïcité et sécularisme, c’est bien la même chose, d’ailleurs Wikipedia en fait deux synonymes ! » Or on sait bien que non – je ne m’appesantirai pas là-dessus – et que la laïcité est par origine (loi de 1905) et par nature respectueuse du fait religieux.  Dans l’un de ses derniers livres, « la laïcité falsifiée », Jean Baubérot dit assez les dangers d’une interprétation sectaire et partisane de la laïcité (dans des partis politiques très différents d’ailleurs).

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Conclusions du colloque, par Jean-François Petit

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Quand nous avons décidé, en avril de l’année dernière le thème de ce colloque, nous étions loin d’imaginer que la question des rapports entre la laïcité et l’interculturalité prendrait une telle importance dans le débat publique actuel.

Pas un jour en effet sans une prise de question directe ou indirecte sur le sujet, une des dernières en date étant l’intervention dans les colonnes du « Monde » du week-end dernier de la philosophe Elisabeth Badinter. Elle déplore que, depuis les années 1980, la collusion du relativisme culturel et du différentialisme philosophique aurait abouti à une remise en cause de l’universalité des droits de l’homme au sein d’une République française qui n’aurait pas su fédérer et proposer un horizon d’émancipation, d’où selon elle, les crispations actuelles.

Notre démarche ne part ni des mêmes constats et n’aboutit pas aux mêmes conclusions. C’est bien au sein d’un développement interne de sa recherche que ce colloque du REPHI prend tout son sens. S’il nous est acquis depuis 2010 qu’il y a lieu de « penser l’interculturel », en en éprouvant la validité épistémologique, en en identifiant les présupposés théoriques et en fédérant en un réseau différents personnes et institutions désireuses d’une approche philosophique, ce n’est qu’il y a peu que ce programme prend forme éditorialement par une collection aux éditions franciscaines dont le premier ouvrage est dédié à Gilles Verbunt, un chercheur tout à fait symptomatique de la question, puisque venu des sciences sociales à une dimension proprement philosophique.

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Interculturalité et laïcité. Le cas du Québec, par Solange Lefebvre

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